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Quel est le juste prix d’un baril de pétrole ?

Marc Amyot Fondateur, Miravest 5 min de lecture

Le WTI a clôturé la semaine dernière autour de 87 dollars le baril. Est-ce cher ou bon marché ?

La question paraît simple. Elle ne l’est pas. Le pétrole est l’un des rares actifs dont le prix dépend à la fois de l’économie, de la politique et de la géologie. Comme la géopolitique peut rendre toute prévision caduque du jour au lendemain, mieux vaut ne pas chercher à deviner le prochain mouvement, mais comprendre ce qui rend un niveau de prix soutenable.

Commençons par l’offre et la demande. Le monde consomme environ 100 millions de barils par jour, et ni la production ni la consommation ne peuvent s’ajuster rapidement. Un faible déséquilibre suffit donc à faire bouger les prix : si l’offre dépasse la demande, les stocks gonflent et les cours baissent ; dans le cas inverse, les stocks diminuent et les prix peuvent monter rapidement.

À long terme, la valeur du pétrole peut être ancrée par le coût de production du prochain baril. À court terme, son prix dépend surtout du niveau nécessaire pour faire apparaître le baril marginal qui équilibre le marché.

Le prix fait alors lui-même partie du mécanisme d’ajustement. Autour de 40-50 dollars le baril, de nombreux producteurs peuvent continuer à exploiter leurs puits existants, mais investir dans de nouvelles capacités devient moins attrayant. Dans l’enquête du 1er trimestre 2026 de la Fed de Dallas, les sociétés d’exploration-production interrogées estimaient avoir besoin d’un WTI moyen de 66 dollars pour forer un nouveau puits de manière rentable – 59 dollars pour les grandes entreprises et 68 pour les plus petites. À 100 dollars, les incitations s’inversent : les producteurs veulent investir davantage et les consommateurs ont plus de raisons de réduire leur consommation.

Il en résulte un cycle assez simple : les prix bas finissent par préparer la hausse suivante, et les prix élevés la baisse suivante.

Puis la géopolitique s’en mêle. Guerres, sanctions ou menaces sur de grandes routes maritimes peuvent mettre des millions de barils en danger ; le pétrole peut donc monter avant même qu’une perte physique d’approvisionnement ne se produise. Le WTI a gagné près de 6 % la semaine dernière, signant une deuxième semaine consécutive de hausse, sur fond de tensions accrues au Moyen-Orient. Pourtant, dans la même enquête, les répondants anticipaient en moyenne un WTI proche de 74 dollars en fin d’année, tandis que plusieurs dirigeants qualifiaient la prime géopolitique de temporaire. Les primes de risque se forment vite – et peuvent se dissiper tout aussi vite.

L’histoire fournit un autre point de repère. En 1976, le pétrole se négociait autour de 12 dollars le baril selon la référence retenue ; corrigé de l’inflation, cela correspond à environ 70 dollars aujourd’hui. Le chiffre exact compte moins que la tendance. Malgré les guerres, les embargos, les récessions, l’OPEP, la révolution du schiste et des changements considérables de la demande, le prix réel du pétrole n’a pas simplement progressé au fil du temps. Il a alterné entre abondance et rareté avant de revenir régulièrement vers un centre de gravité économique.

La bonne grille de lecture n’est donc pas un objectif de juste valeur figé, mais quelques grandes zones de prix. À 40-50 dollars, le pétrole paraît suffisamment bon marché pour décourager les investissements futurs. Entre 60 et 80 dollars, producteurs et consommateurs peuvent globalement coexister. Au-dessus de 100 dollars, il faut généralement un facteur inhabituel : pénurie, demande exceptionnelle ou crainte géopolitique. La technologie, la politique de l’OPEP, la discipline d’investissement et le coût de la ressource marginale feront évoluer ces niveaux, mais pas la logique qui les sous-tend.

Pour un investisseur, cette grille de lecture est plus utile que de tenter de deviner si le prochain mouvement sera de 10 dollars à la hausse ou à la baisse. Il faut se demander quel prix est soutenable, comprendre ce que le marché intègre déjà, puis juger si la réalité a davantage de chances de surprendre positivement ou négativement. Au sein du Miravest Global Balanced Fund, nous appliquons le même raisonnement à l’ensemble des marchés : nous ne pouvons pas prévoir le prochain événement géopolitique, mais nous pouvons repérer les moments où les prix semblent s’être trop éloignés de leurs fondamentaux – et déterminer si cet écart crée une opportunité d’investissement attractive.

Cette communication est fournie exclusivement à titre informatif et ne constitue ni un conseil en investissement, ni une offre, ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les investisseurs potentiels sont invités à consulter l’ensemble de la documentation du fonds et à solliciter un conseil indépendant adapté à leur situation avant toute décision d’investissement.